Cadre d’exécution de l’initiative

Une approche concrète et trans-sectorielle de la pauvreté

En 2003, une Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire inscrite parmi les priorités du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et celles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) a été élaborée. Découlant de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire, le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA) a pour objectif global de contribuer à vaincre la faim et garantir la sécurité alimentaire au niveau national et à l’échelon des ménages, dans une perspective durable sur les plans économique et environnemental. Toutes les actions du PNSA sont exécutées dans le souci de justice sociale, tout en prêtant une attention particulière aux moyens d’existence des femmes et des ménages ruraux pauvres. Le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA) bénéficie d’un cadre d’exécution, humain et matériel à travers le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA).


Zone d’application de l’initiative


L’initiative proposée concernera les communes du Mali les plus vulnérables aux crises alimentaires. Ces communes du Mali sélectionnées dans le cadre d’un Système permanent d’information permettant de prévoir les crises alimentaires, Système d’Alerte Précoce (SAP), regroupent principalement les Régions du Nord du Mali (Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti), la Région de Kayes, et quelques communes des régions de Koulikoro et de Ségou. L’ensemble des villages du Nord Mali est concerné par cette initiative.

Les 166 communes, outre leurs prédispositions aux crises alimentaires, présentent la caractéristique d’un retard, dans la mise en place d’infrastructures devant leur permettre l’atteinte des OMD. Il s’agit des infrastructures de santé (Centre de santé communautaire,) d’éducation (écoles, centre de formation, apprentissage), d’accès à l’eau potable, d’assainissement, d’énergie (accès à l’électricité).

Ces Communes du PNSA sont concernées par la forte migration de leurs populations, qui outre ses aspects bénéfiques bien documentés, entraine la perte de bras valides dans la commune, la déstructuration du tissu familial et une plus grande difficulté de programmation du développement. Les effets de l’émigration bien souvent pèsent sur les femmes, qui pour la plus part analphabètes ne bénéficient pas de soins de santé adéquats mais sur lesquelles reposent les charges de la famille en l’absence prolongée de leurs maris. L’immigration et l’exode rural entrainent aussi une diminution du potentiel des ménages à assumer leur part de responsabilité (financière ou en nature) dans l’exécution des actions de développement, qui les concernent pour l’atteinte des OMD.


Conditions préalables à la réussite de l’initiative


Pour la réussite de l’initiative ici proposée, l’Etat devra assurer le fonctionnement optimal du cadre juridique et humain permettant la réalisation des programmes de développement. Les partenaires devront faire l’effort supplémentaire de respecter les engagements pris devant la communauté internationale et en particulier satisfaire à l’engagement pris du doublement de l’aide au développement pour l’Afrique. Les bénéficiaires et les collectivités locales devront quant à eux participer de manière plus efficace au développement de leurs communes et de leurs villages.


Cadre d’exécution institutionnel


L’orientation de l’initiative et son pilotage, relèveront du Conseil National à la Sécurité Alimentaire présidé par le Premier Ministre. Ce Conseil National est déjà composé de la plupart des ministères pertinents à l’exécution d’une initiative visant à traiter de l’atteinte de la sécurité alimentaire par les OMD.

Pour assurer la mise en œuvre des orientations du Conseil National, un Comité de Coordination et de Suivi des Programmes de Sécurité Alimentaire, dirigé par le Commissaire à la Sécurité Alimentaire est représenté au niveau des régions, du District de Bamako, au niveau des Cercles et au niveau Communal. La coordination et le suivi d’ensemble du programme relèveront du Commissariat à la Sécurité Alimentaire à travers le Comité technique national et les comités Régionaux.


Les exécutants de l’initiative


La programmation des actions à conduire par village durant les 5 années de durée de l’initiative, se fera à travers le cadre communal qui constitue l’unité de base de la planification du développement au Mali.Les acteurs de l’initiative seront les exploitants, les organisations professionnelles ou communautés villageoises, qui expriment et soumettent leurs priorités à la commune pour qu’elles soient intégrées dans le Plan de Développement Economique et Social local.

Les services déconcentrés de l’état et le secteur privé apporteront sur le terrain un appui à l’exécution de l’initiative. Au niveau national et régional, les différents départements techniques sectoriels responsables de la mise en œuvre de chaque sous-composante de l’initiative élaboreront le programme annuel des activités et détermineront les indicateurs de suivi-évaluation de l’initiative. Les départements sectoriels décideront du renforcement des capacités, et de la pertinence des études nécessaires.